30 juin 2009
Car on pourrait bien nous entendre
J’ai tout de suite remarqué son petit chapeau. Je dis petit chapeau mais c’était un couvre chef dont le large bord dissimulait tout le haut de son visage. Si on ne pouvait pas la dévisager, on ne manquait pourtant pas de la remarquer. Elle patientait parmi les autres mais j’ai immédiatement deviné qu’elle était la pour moi.
Elle avait la désespérante nonchalance de ces âmes tristes qui veulent donner le change.
J’ai lancé, en la regardant, un “ c’est à nous!! ” qui sonnait comme une invite.
J’ai très rapidement remarqué son collier… Un collier avec de grosses perles et des boutons dans les tons mauves et argent, lourds. Un modèle que l’on n’achète pas dans les magasins…
La dame avec le chapeau à large bord m’intriguait.
Comme chaque fois, nous avons débuté notre traversée par des sentiers un peu sombres et encombrés de sa vie mais bien vite ses mains qui jouaient avec son collier ont pris un chemin buissonnier. Elles avançaient vite, vives, elles m’ont distraites et je me suis laissée embarquer par les sonorités en cascades de sa voie.
J’ai essayé, je vous le jure, de rejoindre une route balisée… j’ai lancé, des poignées de cailloux pour ne pas déraper, j'ai crispé les orteils puis j’ai définitivement perdu l’oreille.
Son chapeau dessinait des zones ombragées sur une de ses joues et son collier me paraissait tout à coup plus léger..
Elle m'a mené en bateau sur l'eau tumultueuse de sa vie de femme... J'avais le mal de mer.
Contre vents et marrées, résistante, elle a échoué sur une petite île au nom de blog...et a jeté l'encre...
Des colliers de perles plus loin, elle s'était crée un nouveau jardin, presque secret. Le terrain était encore mouvant alors elle se contentait d'avancer pas après pas...
Elle parlait de plus en plus bas... comme si le monde n'était pas prêt pour ses paroles...
Elle parlait encore et je me demandais qu'elle pouvait bien être le nom de code de la dame au petit chapeau dont le bord laissait apercevoir une bonne partie de son visage...


